Malgré des milliards mobilisés chaque année par le Fonds de l’Habitat Social (FHS), la SICAP, la SNHLM et d’autres agences publiques, l’accès au logement reste un défi majeur au Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté ce mercredi au Conseil des ministres une nouvelle stratégie nationale du logement social, accompagnée d’un projet ambitieux de Fonds Immobilier de la Diaspora, dans le cadre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050.
Le chef du gouvernement a dressé un constat sans équivoque : « Le déséquilibre entre l’offre et la demande, l’urbanisation galopante et les inégalités d’accès au logement » persistent malgré les milliards investis par ces institutions. Selon lui, les agences de logement social ont jusqu’ici eu un impact limité sur le terrain, et la production de logements reste concentrée entre Dakar et Thiès, laissant de nombreuses populations en marge.
Ousmane Sonko pointe plusieurs obstacles structurels : difficultés d’accès au foncier, mobilisation complexe des financements, lenteur administrative et faible accompagnement des coopératives et promoteurs privés. Pour y remédier, il a lancé le projet « Les Cités de la Transformation », et demandé l’élaboration du Schéma d’Aménagement et d’Urbanisme du Grand-Dakar (SAUDAK) ainsi que l’accélération du Plan d’Aménagement de la Nouvelle Ville de Thiès.
Le Premier ministre prévoit également de renforcer la SAFRU, d’accélérer les programmes de logements sociaux en mettant l’accent sur l’auto-construction, de redynamiser les coopératives d’habitat et de consolider le Bureau du Projet d’Assistance aux Collectivités pour l’Habitat social (BAHSO).
Pour améliorer le financement du secteur, Ousmane Sonko propose de transformer les 2 200 milliards de FCFA annuels envoyés par la diaspora, actuellement majoritairement orientés vers la consommation, en investissements immobiliers locatifs durables via le Fonds Commun de Placement Immobilier-Diaspora Sénégal (FCPI-DS). Selon lui, ce mécanisme pourrait générer des revenus réguliers pour les familles, constituer un patrimoine durable et donner un nouveau souffle au logement social, là où les structures existantes montrent leurs limites.