Le Directoire stratégique des Cadres Jambaars de Guem Sa Bopp a tenu une conférence de presse ce lundi à Dakar pour dresser un tableau critique de la situation politique et économique du pays. Face aux journalistes, les responsables du mouvement ont dénoncé ce qu’ils qualifient « d’imposture de la rupture » incarnée, selon eux, par le pouvoir en place. D’entrée, les cadres du mouvement ont adressé leurs salutations au peuple sénégalais, aux chefs religieux et coutumiers, ainsi qu’aux militants de Guem Sa Bopp, avant de souligner le rôle des médias dans la transparence de la vie publique.
« Un pouvoir de communication plutôt que d’action »
Dans leur déclaration, les Cadres Jambaars ont estimé que le Sénégal vit aujourd’hui « un paradoxe inédit ». Selon eux, alors que les nouvelles autorités avaient promis une rupture profonde dans la gouvernance, la réalité serait marquée par une forte présence de communication politique au détriment des résultats concrets. « Jamais un pouvoir n’a autant parlé de rupture. Pourtant, rarement un pouvoir n’a donné autant l’impression de continuer avec les méthodes qu’il prétendait combattre », ont-ils déclaré, dénonçant une « révolution de la communication politique ». Les intervenants ont également pointé ce qu’ils considèrent comme un décalage entre le discours officiel et les préoccupations des populations, évoquant notamment la vie chère, les tensions sociales et les grèves dans le secteur de l’éducation.
Des préoccupations sociales et économiques évoquées
Le Directoire stratégique des Cadres Jambaars a également mis en avant les difficultés rencontrées par plusieurs secteurs du pays. Selon eux, les agriculteurs continuent de faire face à des problèmes d’écoulement de leurs productions, tandis que les enseignants poursuivent leur mobilisation pour défendre leurs revendications.
Ils ont aussi évoqué les incertitudes pesant sur le climat des affaires, estimant que plusieurs opérateurs économiques hésitent à investir en raison d’un environnement jugé instable. Dans ce contexte, ils ont déploré ce qu’ils qualifient de « silence du pouvoir » sur certaines situations sociales et économiques sensibles.
Le projet gazier Yakaar-Teranga au cœur des interrogations
La conférence de presse a également été l’occasion pour les Cadres Jambaars d’aborder la question du projet gazier Yakaar-Teranga. Selon eux, la communication officielle autour de ce projet soulève plusieurs interrogations. Ils ont rappelé que le développement d’un projet offshore de cette envergure nécessite des investissements considérables, estimés à plusieurs milliards de dollars, et ont insisté sur la nécessité d’une clarification sur les perspectives de financement et les partenaires potentiels. « Les plateformes offshore se construisent avec des milliards, pas avec des discours », ont-ils affirmé.
Une démarche pour l’accès à l’information publique
Au cours de la rencontre, les responsables du mouvement ont annoncé une initiative visant à demander l’accès à plusieurs documents publics. Sur instruction du président de Bougane Guèye Dany, ils comptent saisir les ministères concernés afin d’obtenir des informations relatives à la dette publique, à l’exécution budgétaire ainsi qu’à certains rapports évoqués dans le débat national. Selon eux, cette démarche s’inscrit dans le cadre du droit d’accès à l’information et vise à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques. Ils ont également indiqué qu’ils rencontreront des organisations de la société civile afin d’encourager un débat public sur les questions économiques et financières.
Des inquiétudes sur le climat économique
Les Cadres Jambaars ont par ailleurs exprimé leurs préoccupations quant à l’environnement économique du pays. Ils ont évoqué plusieurs signaux qu’ils jugent préoccupants, notamment les controverses autour de la dette publique et les incertitudes liées à certains projets économiques. Selon eux, la confiance des investisseurs repose avant tout sur la stabilité politique, la transparence des finances publiques et la cohérence des politiques économiques.
Plaidoyer pour « une autre méthode de gouvernance »
En conclusion, les responsables du mouvement ont estimé que le Sénégal a besoin d’« une alternance de méthode » dans la gestion des affaires publiques. Ils ont présenté Bougane Guèye Dany comme un acteur capable, selon eux, d’apporter une vision différente du développement économique, en mettant en avant son expérience dans le secteur privé. « Le Sénégal mérite mieux que des illusionnistes politiques. Ce ne sont pas les discours qui construisent les nations, ce sont les bâtisseurs », ont-ils conclu.