À Kaolack, la polémique autour du projet « Cœur de Ville » prend une tournure judiciaire après les déclarations de Fadilou Keïta, jugées « infondées et trompeuses » par les responsables du projet et les autorités municipales. Dans une série de communications fermes, la mairie et la direction d’exploitation du site apportent des clarifications et annoncent des actions en justice, dénonçant des propos de nature à porter atteinte à l’image d’une initiative présentée comme structurante pour le développement local.
Selon les responsables du projet, contrairement aux allégations avancées, « Cœur de Ville » n’a pas été attribué sous la présidence de Macky Sall, mais bien sous le mandat de l’ancien chef de l’État Abdoulaye Wade, à l’issue d’un processus jugé rigoureux et transparent. Celui-ci aurait impliqué plusieurs institutions étatiques, notamment les ministères des Finances et de l’Urbanisme, la Direction centrale des marchés publics (DCMP) ainsi que le Conseil des infrastructures. Le projet repose, par ailleurs, sur un contrat de type BOT signé en 2011 avec l’État, garantissant, selon ses promoteurs, sa conformité juridique.
À leur prise de fonction, les gestionnaires affirment avoir hérité d’un site à l’abandon. Ils mettent aujourd’hui en avant des résultats qu’ils jugent probants, évoquant plus de 4 500 emplois directs créés, plus de 10 000 personnes vivant des retombées économiques générées et près de deux millions de visiteurs accueillis chaque année, témoignant de l’attractivité retrouvée de la ville de Kaolack.
Dans ce contexte, les déclarations de Fadilou Keïta, appelant notamment à un audit et évoquant des zones d’ombre dans les conditions d’attribution du projet, sont perçues comme une tentative de discréditer une infrastructure majeure. Les responsables dénoncent des accusations sans preuves, susceptibles de décourager les investisseurs et de fragiliser les moyens de subsistance de milliers de familles. Le directeur d’exploitation du projet, Habibou Leye, annonce ainsi l’introduction prochaine d’une plainte avec constitution de partie civile pour diffamation et préjudice économique, affirmant sa détermination à défendre l’intégrité du projet.
Parallèlement, la Mairie de Kaolack est également montée au créneau à travers son secrétaire général, Mbaye Ngom, qui a adressé une sommation interpellative à l’endroit de Fadilou Keïta. L’institution municipale reproche à ce dernier des propos publics mettant en cause sa gestion, évoquant des soupçons d’irrégularités et d’opacité. Ces déclarations sont considérées comme portant atteinte à la crédibilité de la mairie et susceptibles de tomber sous le coup des dispositions du Code pénal sénégalais relatives notamment à la diffusion de fausses nouvelles et à la protection des institutions publiques.
Dans leurs démarches respectives, les deux parties exigent de Fadilou Keïta qu’il confirme être l’auteur des propos incriminés, précise les faits reprochés, en apporte les preuves et clarifie ses intentions, notamment en ce qui concerne la demande d’audit. Une mise en demeure lui a été adressée, lui accordant un délai de 48 heures pour répondre, faute de quoi des poursuites judiciaires seront engagées.
Face à cette escalade, les responsables du projet « Cœur de Ville » et les autorités municipales appellent les citoyens à se référer à des sources officielles et à soutenir les initiatives contribuant à l’essor économique de Kaolack. Ils insistent sur le fait que le développement de la ville ne saurait reposer sur des accusations non étayées, réaffirmant leur engagement à défendre, « avec fermeté et sans reculer », un projet qu’ils présentent comme un levier essentiel de croissance et d’attractivité pour la région.