La frustration des acquéreurs de la Cité CDC Bambilor ne cesse de croître. Ce mardi, le Collectif des acquéreurs a organisé un point de presse pour dénoncer une situation qu’ils qualifient d’« inacceptable ». Plusieurs années après avoir intégralement payé leurs villas, des centaines de souscripteurs n’ont toujours ni logement, ni calendrier précis, ni solution concrète.
Le projet, piloté notamment par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) en partenariat avec d’autres acteurs privés, avait suscité un fort engouement. Beaucoup ont investi en pensant bénéficier de la fiabilité d’une structure liée à l’État. Mais aujourd’hui, « pour certains, la lutte dure depuis 2019 », déplore Mohamed Lamine Diop, membre du collectif. « On nous a fait rêver, mais sur le terrain, il ne se passe rien. Certains chantiers n’ont même pas commencé. »
Les acquéreurs pointent des retards répétés, des engagements non respectés et un manque total de visibilité sur l’avancée des travaux. Au-delà des bâtiments, c’est une détresse sociale qui se dessine. Plusieurs familles vivent une pression financière intense, devant rembourser des crédits tout en continuant à payer des loyers.
« Je paie près d’un million de francs CFA par mois entre la banque et le loyer, pour une maison que je n’ai toujours pas », témoigne Stéphanie Ble, évoquant un prêt de 55 millions de FCFA à un taux de 11 %, soit près de 70 millions à rembourser au total. D’autres familles ont dû revoir entièrement leurs projets de vie, parfois au prix de sacrifices humains et financiers importants.
Les acquéreurs dénoncent également une confiance trahie. « Quand on entend “CDC”, on pense immédiatement à l’État, donc à la fiabilité », explique un membre du collectif. Plusieurs réunions avec les responsables du projet avaient pourtant laissé espérer un dénouement rapide, mais « les promesses n’ont jamais été suivies d’effets concrets », ajoutent-ils.
Face à cette impasse, le collectif formule trois revendications claires : la livraison immédiate des logements achevés, l’accélération des travaux en cours et le remboursement des acquéreurs souhaitant se retirer. Déterminés et apolitiques, ils appellent l’État à intervenir pour mettre fin à la crise.
« Nous n’accepterons pas que cette situation perdure », prévient Mohamed Lamine Diop. « Si nécessaire, nous irons nous asseoir devant leurs bureaux tous les jours jusqu’à obtenir gain de cause. »
En attendant une solution concrète, des centaines de familles restent suspendues à un investissement qui tarde à se matérialiser.