PARTICIPATION CITOYENNE : Les enfants s’invitent au cœur des décisions publiques

Le Réseau des Parlementaires pour la Protection de l’Environnement, présidé par l’honorable député Samba Dang, vice-président de l’Assemblée nationale, en collaboration avec la Commission Culture et Communication ainsi que la Commission Développement durable et Transition écologique, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et la Coalition nationale des associations et ONG en faveur de l’enfant (CONAFE), a organisé, hier, mercredi 25 mars 2026 à Dakar, une rencontre d’échanges entre députés et membres des Conseils municipaux d’enfants (CME). Cette rencontre a porté sur les priorités des enfants dans le cadre de la Vision Sénégal 2050 ainsi que sur l’adoption du projet de Code de l’Enfant.

Inscrite dans un atelier de trois jours, cette initiative a réuni 77 maires et mairesses issus des Conseils municipaux d’enfants (CME). Venus de plusieurs régions de la Casamance à Dakar, en passant par le Sénégal oriental ces jeunes représentants ont porté un message clair ; ils souhaitent être pleinement associés aux décisions qui façonnent leur avenir.

Présidant la rencontre au nom du président de l’Assemblée nationale, le vice-président Samba Dang de soutenir : « Une société est déterminée par l’éducation qu’on donne à ses enfants. Nous avons le devoir de prendre en compte leurs doléances. »

Au fil des échanges, trois priorités majeures ont émergé dont la reconnaissance officielle des Conseils municipaux d’enfants, la création d’un Parlement national des enfants et l’intégration des besoins des enfants dans les budgets publics

Pour les parlementaires, ces demandes vont bien au-delà du symbole. Elles traduisent une volonté de structurer la participation des enfants à tous les niveaux de gouvernance. « Nous allons nous battre pour que ces préoccupations soient inscrites dans la loi de finances et prises en compte dans les budgets des collectivités », ajoute l’honorable Samba Dang.

Pour Jacques Boyer, représentant de l’UNICEF au Sénégal, cette initiative marque un tournant majeur. « Il ne s’agit plus seulement d’écouter les enfants, mais de reconnaître leur rôle en tant qu’acteurs à part entière de la vie publique », a-t-il soutenu.
L’organisation onusienne rappelle que 77 communes disposent déjà de Conseils municipaux d’enfants, véritables cadres de participation où les jeunes analysent les réalités locales et proposent des solutions aux autorités municipales. Au-delà des discours, l’enjeu est d’institutionnaliser ces mécanismes et les intégrer dans les processus décisionnels nationaux. « Rien pour les enfants, sans les enfants », insiste Jacques Boyer.

Face aux décideurs, les jeunes élus ont exprimé leurs attentes sans détour. « Nous voulons l’adoption du Code de l’Enfant et la mise en place d’un Parlement des enfants pour porter nos préoccupations au niveau national », a déclaré Mouhamadou Lamine Diatta, maire du CME de Koussy (Sédhiou).
Pour ces jeunes leaders, cette rencontre constitue déjà une avancée significative. « Le fait que les autorités viennent échanger avec nous est un signe que nous sommes écoutés », a-t-il ajouté.

Du côté de la CONAFE, l’heure est à l’optimisme prudent. Sa secrétaire exécutive, Justine Laison, voit dans cette initiative un projet pilote appelé à s’étendre. « Reconnaître les CME, c’est donner davantage de place aux enfants dans la gouvernance locale et dans le suivi des engagements de l’État », a indiqué Justine Laison.
Si toutes les communes ne sont pas encore couvertes, les bases d’un maillage national semblent désormais posées, avec l’appui des institutions et des partenaires.