Des acteurs institutionnels et techniques ont pris part, ce jeudi, à une rencontre stratégique consacrée au partage et à l’appropriation de l’accord international sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ), un traité historique entré en vigueur le 17 janvier 2026. Portée par la Direction des aires marines communautaires protégées, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts visant à accompagner le processus de ratification du Sénégal et à préparer la mise en œuvre effective de cet instrument juridique international.
Fruit de près de deux décennies de բանակցations internationales, l’accord BBNJ acronyme de Biodiversity Beyond National Jurisdiction constitue une avancée majeure dans la gouvernance des océans. Il vise à encadrer la conservation et l’exploitation durable des ressources marines situées en haute mer, longtemps restées en marge des régulations strictes.
« Nous sommes en train de partager un accord qui vient combler un vide juridique important, notamment en ce qui concerne les ressources génétiques marines dans les eaux internationales », a expliqué le colonel Momar Sow, directeur de la Direction des aires marines communautaires protégées.
Jusqu’ici, si les zones économiques exclusives des États étaient relativement bien encadrées, les espaces maritimes situés au-delà échappaient à un cadre réglementaire clair. L’entrée en vigueur du BBNJ marque ainsi un tournant dans la gestion globale des océans.
Le Sénégal, reconnu comme un leader régional en matière d’aires marines protégées, s’est engagé dans le processus de ratification. Le dossier, validé en Conseil des ministres, est actuellement examiné à l’Assemblée nationale.
« Il reste trois étapes parlementaires avant d’aboutir à la ratification complète. Nous comptons sur la diligence des députés pour permettre au pays de jouer pleinement son rôle », a précisé le colonel Momar Sow.
Cette ratification permettra au président de la République d’officialiser l’adhésion du Sénégal à cet accord stratégique, ouvrant la voie à une participation active du pays dans les mécanismes internationaux de gouvernance de la haute mer.
L’accord BBNJ introduit plusieurs innovations, notamment en matière de conservation des ressources génétiques marines et de création d’aires marines protégées en haute mer. Il prévoit également des mécanismes de renforcement des capacités, particulièrement pour les pays à revenus limités.
« Les défis seront énormes, notamment en matière de surveillance et de maîtrise des technologies nécessaires à l’application des mesures », a-t-il souligné.
Grâce au soutien du Fonds pour l’environnement mondial, le Sénégal bénéficie déjà d’activités dites « habilitantes », destinées à renforcer les capacités institutionnelles et techniques des acteurs concernés.
PMF