« CEDEAO SANS PLASTIQUE » : Madame Sandra Oulaté Fattoh lance officiellement la campagne à Dakar

La Baie de Hann a servi de cadre, ce jeudi, au lancement officiel de la campagne régionale « CEDEAO sans plastique ». Une initiative portée par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG) en partenariat avec les autorités environnementales sénégalaises, dans le cadre de la célébration de la Journée de la CEDEAO et du Jubilé d’or de l’organisation sous-régionale.

Réunissant représentants institutionnels, autorités locales, acteurs de la société civile, organisations de jeunesse, partenaires techniques et environnementaux ainsi que de nombreux habitants de la commune de Hann, cette vaste opération de nettoiement des plages vise à sensibiliser les populations aux dangers de la pollution plastique tout en promouvant des solutions durables pour la préservation des écosystèmes côtiers.

La pollution plastique constitue aujourd’hui l’un des défis environnementaux majeurs en Afrique de l’Ouest. Selon les données citées par les organisateurs, près de 80 % des déchets plastiques produits dans la région sont mal gérés, avec des conséquences directes sur les océans, la biodiversité marine, la santé publique et les activités économiques dépendantes du littoral.

Face à cette situation préoccupante, la CEDEAO a récemment adopté le règlement C/REG.17/12/23 relatif à l’harmonisation de la réglementation des produits plastiques et à la gestion écologiquement rationnelle des déchets plastiques dans ses États membres.

La campagne lancée à Dakar entend précisément contribuer à la vulgarisation de ce cadre réglementaire et encourager un changement durable des comportements. « Construire ensemble le futur environnemental de notre région »

La Directrice du CCDG, Sandra Oulaté Fattoh, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la dynamique des célébrations du 51e anniversaire de la CEDEAO, fondée le 28 mai 1975. « Après plus de cinq décennies d’existence, notre institution continue d’unir les peuples de la région autour d’idéaux communs de prospérité partagée. Aujourd’hui, nous devons également faire face ensemble aux défis environnementaux qui menacent notre avenir », a-t-elle déclaré.
La responsable régionale a souligné que la lutte contre les déchets plastiques dépasse les simples enjeux de salubrité publique.
« Il s’agit d’offrir à nos communautés un environnement sain, condition indispensable à leur développement économique et social. La protection de nos plages et de nos océans est un investissement direct dans l’avenir de nos populations », a-t-elle insisté.

Le choix de la Baie de Hann n’est pas fortuit. Longtemps considérée comme l’une des plus belles baies d’Afrique de l’Ouest, elle reste aujourd’hui confrontée à de nombreux défis liés aux déchets solides, aux rejets d’eaux usées et à la dégradation de son écosystème marin. Cette baie constitue un laboratoire à ciel ouvert des problématiques environnementales auxquelles sont confrontées plusieurs villes côtières de la sous-région.
« Une image vaut mille mots. Ce que nous observons ici reflète une réalité que vivent de nombreuses communautés côtières ouest-africaines. Notre ambition est de faire de Hann un modèle reproductible dans l’ensemble des États membres », a expliqué la Directrice du CCDG.

Elle a précisé que la campagne « CEDEAO sans plastique » sera progressivement déployée dans les quinze pays de la communauté, en tenant compte des réalités et des priorités locales.

Les représentants des communautés locales ont salué l’engagement de la CEDEAO dans cette initiative. Selon eux, la protection des espaces marins est indissociable des questions d’emploi, de sécurité alimentaire et de stabilité sociale.
Les océans constituent en effet une source essentielle de revenus pour des milliers de familles vivant de la pêche artisanale et des activités touristiques. La dégradation continue des écosystèmes côtiers fragilise ces moyens de subsistance et accentue les difficultés économiques rencontrées par les jeunes.