SOFI 2026 : Dr Cheikh Oumar Ba plaide pour des politiques agricoles au service d’une alimentation accessible à tous

Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikh Oumar Ba, a porté la voix du Sénégal ce mardi 21 juillet 2026 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à l’occasion du lancement de l’édition 2026 du rapport « The State of Food Security and Nutrition in the World (SOFI) », document de référence sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde. Cette rencontre ministérielle de haut niveau a réuni des responsables gouvernementaux, des experts internationaux et les principaux partenaires du développement autour d’un enjeu majeur de rendre les régimes alimentaires sains plus accessibles et abordables face aux crises climatiques, économiques et géopolitiques qui fragilisent les systèmes alimentaires.

Dans son intervention, Dr Cheikh Oumar Ba a salué un rapport qui met en lumière une interrogation essentielle. « À quoi sert la production si l’alimentation saine reste hors de portée de ceux qui la produisent ? », s’est-il interrogé. Une question qui, selon lui, traduit parfaitement les défis auxquels le Sénégal est confronté et auxquels le gouvernement entend répondre par des politiques ambitieuses en faveur de la souveraineté alimentaire.

Le ministre a rappelé que le Sénégal a fait de la réduction de la dépendance alimentaire une priorité nationale à travers la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034. Chaque année, le pays consacre plus de 950 milliards de FCFA aux importations alimentaires, une facture que les autorités souhaitent réduire grâce au développement de la production nationale.

À cet effet, d’importants investissements sont réalisés dans les aménagements hydro-agricoles de la vallée du fleuve Sénégal et de la Casamance afin d’accroître la production rizicole nationale et de porter le taux d’autosuffisance en riz à plus de 70 % d’ici à 2030. En parallèle, le développement des filières maraîchères, notamment l’oignon, la tomate et les légumes verts, vise à améliorer la diversité alimentaire tout en réduisant le coût d’accès aux aliments riches en micronutriments.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de lutter contre les pertes post-récolte, qui représentent jusqu’à 30 % de la production céréalière dans certaines régions. Pour y remédier, le Sénégal investit dans des infrastructures de stockage, de conservation et de transformation de proximité, tout en développant des mécanismes de warrantage permettant aux producteurs de mieux valoriser leurs récoltes et de stabiliser leurs revenus.

Autre axe majeur présenté à Rome est le renforcement des systèmes d’approvisionnement public. Les cantines scolaires alimentées par des produits locaux constituent, selon Dr Cheikh Oumar Ba, un double levier en favorisant les débouchés pour les producteurs tout en garantissant une alimentation nutritive aux enfants. L’État entend également privilégier les produits agricoles locaux dans les achats destinés aux structures de santé et aux programmes d’assistance alimentaire.

La protection sociale sensible à la nutrition figure également parmi les priorités du gouvernement. Des transferts monétaires ciblés et des subventions sur les denrées de base permettent de préserver le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables, notamment dans les zones où l’insécurité alimentaire demeure préoccupante.

Tout en mettant en avant ces avancées, le ministre a reconnu que les défis restent importants. Les indicateurs nutritionnels montrent que 18 % des enfants souffrent d’un retard de croissance, 10 % d’émaciation et 68 % d’anémie chez les moins de cinq ans, des chiffres qui appellent à renforcer les efforts.

Pour accélérer les progrès, Dr Cheikh Oumar Ba a identifié trois grandes opportunités. La première consiste à mieux valoriser les céréales locales telles que le mil, le sorgho et le fonio, reconnues pour leur richesse nutritionnelle mais encore insuffisamment consommées, notamment en milieu urbain. La deuxième repose sur une réforme des politiques fiscales afin d’encourager la consommation de fruits, légumes et protéines locales tout en décourageant les aliments ultra-transformés à faible valeur nutritionnelle. Enfin, il a plaidé pour une coopération régionale renforcée au sein de la CEDEAO afin de fluidifier les échanges commerciaux, harmoniser les normes sanitaires et améliorer les infrastructures de transport, facteurs essentiels pour réduire le coût des aliments.

En clôturant son intervention, le ministre sénégalais a lancé un appel à une mobilisation collective autour de politiques publiques ambitieuses.

« Le coût d’une alimentation saine n’est pas une fatalité. Il résulte de choix politiques. Le Sénégal est déterminé à faire les bons choix, au bénéfice de ses producteurs, de ses consommateurs et des générations futures », a déclaré Dr Cheikh Oumar Ba.

PMF