VISITE DE TERRAIN A TAMBACOUNDA : Dr Abdourahmane Diouf face aux urgences vertes

La région de Tambacounda a accueilli ce dimanche ne visite de terrain du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, El Hadji Abdourahmane Diouf. Une tournée stratégique qui s’inscrit dans le suivi des politiques de préservation des ressources naturelles et de restauration des écosystèmes, dans une zone considérée comme cruciale pour l’équilibre environnemental du Sénégal.

Dès les premières heures de la journée, la délégation ministérielle a marqué un arrêt à l’Inspection régionale des Eaux et Forêts (IREF). Sur place, un diagnostic sans détour a été présenté : défis structurels, insuffisance des moyens logistiques, mais surtout un déficit notable en ressources humaines. « Quelle que soit la stratégie mise en place, il faut des hommes et des femmes pour la porter », a insisté le ministre, soulignant l’urgence de renforcer les effectifs pour couvrir l’immensité du territoire.

La tournée s’est ensuite orientée vers des exemples concrets d’actions environnementales. Dans la forêt classée de Botou, le ministre a pu constater les efforts de reboisement compensatoire, fruit d’une collaboration intersectorielle entre les acteurs de l’énergie et de l’environnement. Une approche innovante visant à réparer les impacts écologiques liés aux infrastructures.

À Koussanar, dans la forêt classée d’Ouli, c’est une autre forme de coopération qui a été mise en lumière : celle entre les services techniques et les collectivités territoriales. Sur une parcelle de 3,8 hectares, plus de 3 600 plants issus de 11 espèces locales ont été mis en terre, illustrant une dynamique locale porteuse. Pour le ministre, cette synergie est essentielle : « Le niveau central ne peut pas agir seul. Les collectivités sont des partenaires incontournables. »

Dans le département de Goudiry, la délégation s’est rendue sur un chantier de pare-feu entre Naoudé et Doroyel. Sur 11 kilomètres, ces couloirs de protection, d’une largeur de 12 mètres, témoignent d’une ingénierie adaptée aux réalités locales. Face à la recrudescence des feux de brousse, ces dispositifs apparaissent comme une réponse efficace malgré des moyens limités.

La brigade forestière de Koulor, où une pépinière impliquant activement les femmes a retenu l’attention du ministre. Véritable levier de reforestation, ce site illustre le rôle central des communautés locales, notamment féminines, dans la lutte contre la dégradation des terres.

La journée s’est achevée à Kothiary, dans un jardin géré par des femmes, où la délégation a été accueillie par le maire Ismaïla Kaba. Une visite symbolique qui met en lumière l’engagement communautaire dans la gestion durable des ressources naturelles.

Au terme de cette première journée, il est noté que la région de Tambacounda concentre à la fois les défis et les espoirs de la politique environnementale nationale. Entre déforestation, reboisement, prévention des feux, pépinières et initiatives locales, le ministère se positionne comme un acteur transversal, misant sur la collaboration et l’innovation.

Le ministre a annoncé la poursuite de sa tournée avec une prochaine étape au Parc national du Niokolo-Koba, haut lieu de la biodiversité sénégalaise, où il entend continuer à promouvoir la richesse écologique du pays.

Cette visite de terrain aura permis de faire de la protection de l’environnement une responsabilité partagée, portée à la fois par l’État, les collectivités et les populations locales.