Enfin,
C’est ce qu’on serait tenté de dire, tellement Ousmane Sonko a fait de l’ombrage à Bassirou Diomaye Faye, pendant au moins les deux premières années de l’alternance politique. Je pense qu’après cette période de co habitation difficile en raison de la forte personnalité du Premier ministre et de son engagement lors des élections présidentielles, il est vraiment temps pour le Président de la République de prouver son talent et d’exercer la totale plénitude de ses fonctions. Personne n’a tord, tout le monde a raison, c’est juste que la fonction présidentielle n’est pas un « canapé » pour deux.
Depuis son installation comme Président de la République, son camp politique n’a cessé de l’affaiblir, d’abord en cherchant à mettre hors jeu, la Coalition qui l’a élu, en suite en l’attaquant sur tous les sujets majeurs de l’Etat. Bassirou Diomaye Faye est aujourdhui le Président le plus critiqué du monde et par les Directeurs et par les Ministres qu’il a lui-même nommés.
C’était une attaque en règle, par les Députés de sa propre majorite, qui a précedé la prestation du Premier ministre. On a jamais vu une telle mise en scène ni au Sénégal, ni nulle part ailleurs dans le monde. C’est la raison pour laquelle l’adresse faite par Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, était un cassus belli qui ne pouvait pas rester sans conséquences graves, pour lui-même d’abord, pour le pays après.
À la seule condition d’avoir bien mesuré la profondeur de la provocation , Sonko a ouvert la boîte de pandore dont les conséquences vont aussitôt suivre. Mais il lui faudra aussi bien mesurer que nous ne sommes plus en 2 022 ou en 2 023, les années où le Pastèf et son leader « marchaient sur l’eau ». La martyrisation ne peut plus constituer un fonds de commerce politique. Il y’a aussi que Diomaye a été élu par une Coalition qui va encore prendre de l’épaisseur et mieux s’affirmer autour de son leader. Après le meeting de MBour et malgré les mensonges, la « Coalition Diomaye Président » a bien démontré qu’il faudra désormais compter avec elle parce qu’elle est devenue une réalité politique. Elle a l’ambition de constituer le bouclier sécuritaire dont le Président a besoin pour enfin gouverner le pays dans la sérénité, face aux périls économiques et politiques.
Dans contexte de fragilité économique et politique
Sheikh Mamadou Dieng