L’affaire de diffamation opposant Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko est loin d’avoir connu son épilogue. Si la condamnation pénale du leader de Pastef est devenue définitive et que la loi d’amnistie votée en mars 2024 a mis fin aux poursuites sur le plan pénal, un nouveau bras de fer judiciaire s’est ouvert autour de l’exécution des intérêts civils.
En effet, l’amnistie n’a pas effacé la condamnation d’Ousmane Sonko au paiement de 200 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. L’ancien ministre du Tourisme et des Loisirs sous Macky Sall entend faire appliquer cette décision de justice.
Toutefois, Mame Mbaye Niang accuse son adversaire d’avoir organisé son insolvabilité afin d’échapper à cette obligation financière. Selon ses avocats, les droits sur la villa située à la cité Keur Gorgui auraient été transférés au nom de membres de la famille d’Ousmane Sonko dans le but de soustraire ce patrimoine à toute éventuelle saisie.
Estimant cette mutation immobilière frauduleuse, les conseils de l’ancien ministre ont saisi la justice pour obtenir son annulation et permettre l’exécution de la condamnation civile.
Examinée ce mercredi devant le tribunal de grande instance de Dakar, l’affaire a finalement été renvoyée au 22 juillet 2026. Ce report a été accordé à la demande des avocats du président de l’Assemblée nationale, qui ont sollicité un délai supplémentaire afin de répondre aux conclusions déposées par la partie adverse. Ainsi, plus de trois ans après le début de ce dossier politico-judiciaire, l’affaire Sonko-Mame Mbaye Niang continue d’alimenter les prétoires, cette fois sur le terrain des intérêts civils et de l’exécution des décisions de justice.