SECURITÉ ALIMENTAIRE DES ALIMENTS : La feuille de route nationale du projet P108 validé

Après trois jours d’intenses travaux, l’atelier national consacré à la sécurité sanitaire des aliments (SSA) a pris fin ce mercredi 17 juin à Dakar. Organisée par la Direction de la Réglementation Environnementale et du Contrôle (DIREC), dans le cadre du projet régional P108 des Centres d’Excellence CBRN de l’Union européenne, cette rencontre a réuni experts nationaux et internationaux, représentants des institutions publiques et privées, laboratoires, organisations de consommateurs ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers.
L’objectif principal de cet atelier était de valider les évaluations juridiques et techniques réalisées au Sénégal afin de renforcer la gouvernance nationale en matière de sécurité sanitaire des aliments et de définir une feuille de route pour améliorer la résilience du système agroalimentaire du pays.

Présidant la cérémonie de clôture au nom du Directeur de la Réglementation Environnementale et du Contrôle, Mme Kassé Thiecka Famahé Gueye, Point focal national du projet CBRN, a salué la qualité des échanges et l’engagement des différents acteurs mobilisés. « Ces trois jours de travaux ont permis de valider les rapports juridiques et techniques, d’identifier les écarts prioritaires et de formuler des recommandations adaptées aux réalités nationales tout en respectant les standards internationaux », a-t-elle déclaré.
Selon elle, l’élaboration d’une feuille de route nationale claire constitue une avancée significative pour le Sénégal. Ce document définit les actions prioritaires à mener, les besoins en renforcement des capacités ainsi que les mécanismes de suivi et d’évaluation nécessaires à la mise en œuvre des réformes.

Mme Kassé a insisté sur le caractère stratégique de la sécurité sanitaire des aliments, qu’elle considère comme « un impératif de santé publique, un enjeu de compétitivité économique et un facteur de souveraineté nationale ». Elle a également rappelé que les risques liés aux contaminations intentionnelles, à la fraude ou à la falsification alimentaire représentent aujourd’hui des défis bien réels qui exigent vigilance, coordination et responsabilité de l’ensemble des parties prenantes.

L’atelier marque également le lancement imminent de la deuxième phase du projet P108. Celle-ci sera consacrée à des formations spécialisées portant notamment sur les normes internationales de sécurité alimentaire, les bonnes pratiques d’hygiène, le système HACCP, la gestion des crises alimentaires et la prévention des contaminations intentionnelles.

Pour la Point focal nationale, le succès de cette prochaine étape dépendra de la capacité des acteurs à transformer les recommandations formulées en actions concrètes et mesurables. Elle a ainsi plaidé pour un engagement renforcé des autorités nationales afin d’assurer la mise en œuvre effective des réformes proposées, notamment celles relatives au cadre juridique et institutionnel.

Experte juridique internationale forte de vingt-cinq années d’expérience dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments en Afrique et dans d’autres régions du monde, Mme Emmanuelle Bourgois a souligné l’importance d’une approche concertée impliquant l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire. « De la ferme à la table, de nombreux intervenants participent à la production, à la transformation et à la commercialisation des aliments. La protection du consommateur exige donc une coordination permanente entre les administrations, le secteur privé et les organisations de consommateurs », a-t-elle expliqué.
Elle a rappelé que le projet P108, porté par les Centres d’Excellence CBRN en partenariat avec l’Union européenne et les États d’Afrique de l’Ouest, vise à répondre aux enjeux croissants liés à la sécurité alimentaire, à la fraude et à la sûreté des denrées.

Selon Mme Bourgois, les travaux ont permis d’identifier deux priorités essentielles : l’élaboration de règles communes applicables à l’ensemble des acteurs et la mise en place d’une autorité de coordination reconnue par tous. Cette instance aurait pour mission de veiller à l’application des normes, de faciliter le dialogue entre les différents intervenants et d’assurer une réponse efficace en cas de crise alimentaire.

Les participants ont également souligné la nécessité de prendre en compte les spécificités du secteur informel, qui représente une part importante de l’activité alimentaire au Sénégal. L’ambition affichée n’est pas d’imposer des règles difficiles à appliquer, mais de construire un système réaliste, inclusif et adapté aux réalités du terrain.

À l’issue des travaux, les différents acteurs ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer la sécurité sanitaire des aliments au Sénégal, dans un contexte marqué par l’intensification des échanges commerciaux et l’exigence croissante des marchés internationaux.

PMF