Acte IV de la décentralisation: Vers un Sénégal plus inclusif et prospère

Le Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio a abrité, ce lundi 22 septembre 2025, la journée nationale de partage consacrée aux pôles territoires. Organisée par le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, cette rencontre marque une étape clé dans le processus de l’Acte IV de la décentralisation, voulu par le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.

De janvier à septembre 2025, le ministère a conduit une vaste campagne de concertations dans les huit pôles territoriaux. Ce périple de 5 574 kilomètres à travers villes et villages a permis de recueillir les priorités et propositions de 2 327 participants issus des collectivités locales, du secteur privé, des services techniques, de la société civile et des partenaires au développement. « Jamais une réforme n’aura été autant discutée, débattue et co-construite avec les citoyens et leurs représentants », a souligné le ministre Moussa Bala Fofana.

Dans son discours, le ministre est revenu sur les grandes étapes de la décentralisation : la création des communautés rurales en 1970, premier pas vers la démocratie locale ; l’Acte II de 1996, qui transfère neuf compétences aux collectivités ; et l’Acte III de 2013, qui introduit la communalisation intégrale et érige le département en collectivité territoriale. Malgré ces réformes successives, les déséquilibres demeurent, avec 47 % de la population concentrée dans la zone Dakar-Thiès-Diourbel, soit seulement 5 % du territoire national.

L’Acte IV ambitionne de corriger ces inégalités à travers les pôles territoires, définis comme de véritables bassins de développement, instruments de souveraineté économique et de justice sociale. Ces pôles auront pour mission de planifier les investissements et la gestion de l’espace, de développer des chaînes de valeur locales, de promouvoir une gouvernance participative et performante, et de renforcer l’inclusion sociale et territoriale. Trois pôles pilotes — Centre, Nord et Sud — seront opérationnalisés dès cette année, avec l’ambition de créer des milliers d’emplois et d’attirer des investissements.

Les concertations menées ont permis de dégager plusieurs consensus : la création des pôles territoires en tant qu’établissements publics territoriaux, la mise en place d’un fonds pluriannuel d’amorçage, l’implication du secteur privé comme moteur de la croissance, ainsi que la création d’outils modernes tels que des agences territoriales de planification, des sociétés territoriales d’économie mixte, des chartes de gouvernance et des dispositifs de suivi-évaluation.

Au-delà de l’ingénierie institutionnelle, le ministre a insisté sur la dimension humaine et sociale de la réforme : « Cette réforme est technique, mais elle est surtout profondément humaine. Elle est la promesse d’un père de famille à Podor de voir son fils travailler dignement au pays ; l’espoir d’une jeune fille de Sédhiou de réaliser ses ambitions ; le rêve d’un agriculteur de Tambacounda de devenir agro-businessman », a-t-il déclaré.

Et de conclure : « Le Sénégal de demain ne se fera pas dans l’ombre d’une capitale, mais à la lumière de toutes ses régions. Les pôles territoires sont l’étincelle d’un Sénégal rééquilibré, souverain et prospère. »