Le journal Evidence révèle en exclusivité le contenu d’un rapport complémentaire explosif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), transmis en juillet 2025 au parquet financier. Ce document, attendu depuis plusieurs mois, confirme le rôle central de l’homme d’affaires Mouhamad Dieng dans des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux, mêlant flux bancaires, titres fonciers, acquisitions patrimoniales et conventions publiques.
Ce rapport fait suite à celui déjà transmis le 20 décembre 2024, mais va plus loin en apportant de nouveaux éléments étayés par des données bancaires, des pièces notariales, des titres fonciers et des activités liées aux jeux en ligne. La CENTIF y conclut à la présence d’indices graves et concordants laissant présumer l’existence d’opérations de blanchiment, conformément aux articles 3 et 9 de la loi 2024-08 du 14 février 2024.
Selon les enquêteurs, le rôle de Mouhamad Dieng apparaît désormais incontestable. Il est décrit comme l’architecte principal d’un système financier élaboré pour dissimuler l’origine de fonds suspects, à travers un réseau de sociétés-écrans et d’investissements immobiliers. Le rapport cite également un nouveau protagoniste, Kalidou Guissé, actuel administrateur de la société Service Online International SA, impliquée dans plusieurs flux financiers jugés douteux.
Le document met en évidence que la quasi-totalité des entités juridiques identifiées sont directement ou indirectement contrôlées par Mouhamad Dieng. Ces structures interviennent dans des opérations complexes : transferts bancaires entre plusieurs établissements, acquisitions de terrains et d’immeubles, ou encore obtention de contrats publics, notamment avec la LONASE, mentionnée à plusieurs reprises dans les investigations.
Pour la CENTIF, il ne s’agit plus d’une simple fraude financière, mais bien d’un système organisé pouvant relever de l’association de malfaiteurs et du blanchiment de capitaux. Le parquet financier, destinataire du rapport, devra désormais décider de l’opportunité d’engager de nouvelles poursuites ou d’élargir la procédure aux nouveaux acteurs identifiés.
L’affaire Mouhamad Dieng, devenue emblématique, met en lumière l’ampleur des enjeux liés au blanchiment de capitaux au Sénégal. Elle témoigne de la vigilance croissante des autorités financières et pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre les circuits économiques parallèles et le détournement de fonds publics.