CROIS ZIGUINCHOR : Les agents en sit-in pour dénoncer une mauvaise gestion

Arborant des brassards rouges, le collège des délégués du personnel du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS) de Ziguinchor a tenu, hier, un sit-in devant les locaux de l’institution pour dénoncer plusieurs dysfonctionnements dans la gestion du directeur, Dr Salif Baldé. Les travailleurs pointent notamment des retards de salaires, une opacité dans la régularisation des agents ainsi que des injustices à leur encontre.

Selon le porte-parole du jour, le CROUS, créé en 2016, fait face depuis un certain temps à des retards dans le paiement des salaires. « Nous avons constaté récemment qu’il y a beaucoup de retards de salaire, surtout pour le personnel temporaire. Parfois, ils attendent jusqu’au 15 du mois pour être payés », a dénoncé Moussa Seck, qui y voit une faute de gestion. Il ajoute que cette année, la direction a été contrainte de solliciter un complément budgétaire auprès du conseil d’administration pour boucler l’exercice 2025.

Autre point soulevé par les travailleurs : l’opacité entourant la régularisation des agents. « Une commission avait été mise en place par le conseil d’administration avec des critères basés sur la qualité du travail et l’ancienneté pour accorder des CDI. Mais nous constatons que le CROUS ne respecte pas cette dynamique. Les recrutements continuent de se faire sur des bases familiales ou de proximité, en dehors du Code du travail », fustigent-ils.

Les délégués dénoncent également le refus d’exécuter une décision de justice visant à rétablir un agent qu’ils estiment victime d’une injustice. À cela s’ajoutent, selon eux, des restrictions sur le droit au congé et des insuffisances dans la couverture maladie. Ils interpellent ainsi les autorités pour une prise en charge urgente de la situation.

De son côté, le directeur général, Dr Salif Baldé, rejette en bloc les accusations. Il affirme qu’il n’y a jamais eu de retard de salaire, précisant que les décalages observés en début d’année sont liés au positionnement de la première tranche budgétaire. Concernant l’agent en litige, il indique que l’affaire est toujours pendante devant la justice et rappelle que l’administration dispose du droit de mutation. S’agissant des recrutements, il assure qu’il n’y a pas de nouvelles embauches et que le processus de régularisation suit des règles établies et se poursuit normalement.

A. BA