Le Sénégal poursuit son offensive contre la pollution plastique. Réunis ce mercredi 20 mai 2026 à Dakar, autorités publiques, experts, partenaires techniques et acteurs du secteur environnemental ont officiellement lancé le processus d’élaboration de la feuille de route nationale dans le cadre du Partenariat mondial d’action contre la pollution plastique (Global Plastic Action Partnership – GPAP).
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la Plateforme nationale d’action sur les plastiques du Sénégal (NPAP), créée pour coordonner les efforts nationaux face à l’un des défis environnementaux les plus préoccupants du moment.
À travers cette future feuille de route, le Sénégal ambitionne de renforcer ses politiques de lutte contre la pollution plastique tout en accélérant sa transition vers une économie circulaire plus durable.
Le processus d’élaboration de cette feuille de route se veut participatif.
Selon les organisateurs, cette démarche doit permettre d’aligner les actions nationales avec les grandes orientations internationales actuellement en discussion dans le cadre des négociations sur le futur traité mondial contre la pollution plastique.
Présent lors de cette rencontre, Assane Diop, chef de la division prévention et contrôle des pollutions et nuisances au niveau de la direction de la réglementation agro-matrique et du contrôle a salué une avancée majeure pour le Sénégal dans la lutte contre le péril plastique.
« Avec le lancement de cette feuille de route contre la pollution plastique, le Sénégal franchit effectivement une nouvelle étape », a-t-il déclaré. Il a rappelé que le Sénégal participe activement aux négociations internationales visant à mettre en place un traité mondial juridiquement contraignant contre la pollution plastique.
Il a notamment souligné que le protocole signé entre le Sénégal et le Forum économique mondial en décembre 2025, à Nairobi, en marge de la septième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, marque un tournant important dans cet engagement.
Selon lui, le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a fait de la lutte contre les déchets plastiques une priorité stratégique.
« Depuis sa prise de fonction, le ministre s’est engagé à ce que le Sénégal soit pleinement en phase avec la lutte mondiale contre le péril plastique », a expliqué Assane Diop.
Dans cette dynamique, les autorités sénégalaises ont déjà engagé un processus d’évaluation et de révision de la loi plastique adoptée en 2020.
L’objectif est d’identifier les acquis, les contraintes et les insuffisances du dispositif actuel afin d’adapter la législation nationale aux nouvelles exigences internationales et aux réalités du terrain.
« Nous sommes en train de réviser la loi avec l’ensemble des acteurs concernés pour être en phase avec les priorités mondiales », a précisé Monsieur Diop.
Cette réforme devrait permettre au Sénégal d’anticiper les futures obligations découlant du traité mondial actuellement en préparation.
L’un des enjeux majeurs de cette feuille de route réside dans la collecte et l’exploitation de données fiables sur les flux de plastiques au Sénégal.
Les autorités souhaitent travailler avec différentes structures, notamment la SONAGED, afin de disposer d’informations précises sur la production, la consommation, la collecte et la gestion des déchets plastiques.
Ces données permettront d’établir une « année de référence » servant de base aux projections et aux modélisations futures.
« L’objectif est d’avoir des données fiables qui permettront de faire des modélisations et d’élaborer une feuille de route capable d’orienter les actions pour les années à venir », a expliqué Assane Diop.