La capitale sénégalaise a abrité, ce mercredi 10 juin, le forum « Coastal Futures : Initiative Jeunesse pour la Résilience Climatique Côtière et l’Entrepreneuriat Vert en Afrique de l’Ouest ». Cette rencontre a réuni décideurs publics, experts du climat, acteurs de la société civile, parlementaires et jeunes leaders autour d’un objectif de renforcer la résilience des communautés côtières et promouvoir l’entrepreneuriat vert comme levier de développement durable en Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’une initiative de
l’Institut Africain de la Gouvernance (IAG).
Selon les projections scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les pays côtiers ouest-africains figurent parmi les plus exposés aux conséquences du changement climatique. L’érosion côtière, la montée du niveau de la mer, la dégradation des écosystèmes marins et la raréfaction des ressources halieutiques menacent directement les moyens de subsistance de millions de personnes vivant de la pêche, de l’agriculture côtière et du tourisme.
Mme Fanta Kamara, responsable du Pôle Climat et Jeunesse à l’Institut Africain de la Gouvernance et coordinatrice du programme, a souligné l’importance d’impliquer les jeunes dans la construction de solutions durables. « Nous ne pouvons plus attendre pour agir. Les jeunes doivent être au centre des réponses aux défis climatiques. Coastal Futures a été conçu pour leur donner les outils, les compétences et les opportunités nécessaires afin de devenir des acteurs du changement dans leurs communautés », a-t-elle déclaré.
Prévu sur une durée de trois ans, le programme est structuré en trois phases successives. La première phase, qui s’étend de mars 2026 à mars 2027, vise la création de Climate Innovation Hubs dans les cinq pays partenaires. Ces centres serviront d’espaces de sensibilisation, de formation et d’incubation destinés à promouvoir l’entrepreneuriat vert et la création d’emplois durables.
L’ambition est d’accompagner au moins 4 000 jeunes dès la première année du projet.
Pour Mme Camara, la première étape consiste à renforcer la conscience environnementale des jeunes souvent confrontés aux effets du changement climatique sans en maîtriser les causes ou les enjeux. À travers des programmes d’éducation climatique et des formations spécialisées, les bénéficiaires seront ensuite accompagnés dans la création de projets et d’entreprises à impact environnemental positif.
M. Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères et président de l’Institut Panafricain de Stratégies (IPS), a salué une initiative qu’il considère comme un modèle concret de gouvernance et d’engagement citoyen.
Selon lui, l’Afrique ne peut plus se contenter de subir les conséquences d’une crise climatique dont elle n’est pas historiquement responsable.
« Le drame de l’Afrique est de subir un problème qu’elle n’a pas causé. Mais nous ne pouvons pas continuer à nous définir uniquement comme des victimes. Nous devons prendre notre destin en main et construire nos propres solutions », a-t-il affirmé.
L’ancien chef de la diplomatie sénégalaise a particulièrement insisté sur le rôle stratégique de la jeunesse africaine dans cette transformation. « Je refuse l’idée selon laquelle la jeunesse serait l’avenir de l’Afrique. La jeunesse est le présent de l’Afrique. Elle possède l’énergie, les compétences et l’expertise nécessaires pour relever les défis environnementaux auxquels notre continent est confronté », a-t-il déclaré.
Il a également appelé à une meilleure prise en compte des femmes et des diasporas africaines dans les politiques de résilience climatique, estimant que ces groupes constituent des acteurs essentiels du développement durable du continent.
L’Assemblée nationale du Sénégal a également marqué son soutien à travers la participation de l’honorable Ousmane Ciss, deuxième vice-président de la Commission du Développement durable et de la Transition écologique.
Le parlementaire a rappelé le rôle central des institutions publiques dans la mise en œuvre des politiques environnementales et dans le suivi des engagements pris en matière de transition écologique.
« Compte tenu de l’urgence climatique, notre responsabilité est d’accompagner toutes les initiatives qui favorisent la résilience des populations. Les institutions doivent soutenir ces projets à travers un cadre législatif adapté, mais également veiller à l’application effective des mesures déjà adoptées », a-t-il indiqué.
Il a notamment souligné la nécessité d’une coopération régionale renforcée face à des problématiques communes telles que la pollution plastique, l’érosion côtière et la vulnérabilité des villes littorales.
Pour le député, l’installation de centres d’incubation et de formation dans les zones les plus exposées au changement climatique représente une réponse concrète permettant de renforcer l’autonomie économique des jeunes tout en favorisant la protection de l’environnement.
Avec Coastal Futures, les organisateurs ambitionnent de faire émerger une nouvelle génération de leaders climatiques capables d’apporter des réponses innovantes aux défis environnementaux qui touchent l’Afrique de l’Ouest.